Ce que l’homme est à l’ange

Et jusqu’ à des vers qu’il en savait par cœur,
Il me les récitait tout haut avant l’acteur.
( Molière – Les Fâcheux )

Le poète harangue avec des vers puissants et novateurs
Gouvernant les esprits et subjuguant les cœurs,
Il crée des rimes, des strophes ou des ïambes rythmées,
Participant à une mission élevée et galvanisant les nations,
Il donne, par son œuvre, l’exemple de son adoration
Et comble de béatitude les âmes avides de beauté.

L’onde se tut dans un voisinage aux allures champêtres
Un chant d’oiseau rompt le silence depuis un hêtre
Habillé de rameaux verdures jusqu’à la cime.
Détaché des contingences terrestres, le ciel et ses nuées
Ressemblent au galop d’un cheval, libre, effréné,
Sans cavalier, rênes au vent, et l’air sublime.

Là, le chemin est escarpé, abrupt, tortueux.
Il grimpe, aux flancs des contreforts vers les cieux
Tout autour, se dressent les cimes vertigineuses
A droite, on voit deux lacs d’altitude reflétant
Un ciel azuré d’où jaillit l’eau d’un torrent
Qui fertilise la vallée profonde et sinueuse.

Le cadre est enchanteur : une flore printanière
Et une faune d’où s’ébattent des marmottes fières
Qui virevoltent, sans cesse, aux abords d’un abri.
Des pâquerettes essaiment les prés verdoyants
Où frissonnent des brins d’herbes chatoyants
D’où le sentiment diffus, drôle, du Paradis.

Dans l’azur, les oiseaux de proie, ailes déployées,
Exécutent un ballet lancinant, poignant, entêté,
Aérien, avec une grâce infinie et charmante.
Le regard se porte au sommet enneigé du Mont-thabor
Avec un sentier étroit, en lacet, escaladant, côté Nord,
Le flanc de ce titan minéral aux allures envoûtantes.

On serpente… Soudain, sur une terrasse se repose
Une bâtisse au toit massif couvert de lauzes
D’où est érigée une humble croix en pierre.
La chapelle est dédiée aux gens de la montagne
Où un curé, aux jarrets solides, officie et gagne
Le cœur des hommes à adoucir leurs nerfs.

Adossé au sanctuaire, un banc s’offre au visiteur.
Il s’assoit, médite puis écrit de cette hauteur :
« La passion des grands auteurs est la compensation
de ce dont m’a privé l’existence dans l’accomplissement
de ma mission au service des êtres spirituels ou aimants
qui sont, au plus haut degré, dignes de ma vénération. »

Fait à Paris le 5 Mai 2006

Fabrice Duniach

2 réflexions sur « Ce que l’homme est à l’ange »

  1. Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet

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