Ô Fabrice D

Ô Fabrice !


Persuade-toi que chaque jour est le dernier
Qui luit pour toi ; tu verras venir avec plaisir
L’heure sur laquelle tu n’auras pas compté.
( Horace – Epîtres I, VI, 13 )

Une voix s’interpose : « Regardez , ces gens vivent
Comme des spartiates… » Une autre voix corrige :
« Non, ils vivent comme des misérables
Ce qui ne veut pas dire, – c’est honorable ! –
La même chose. » Ce couple indigent est parent
D’un enfant qui fréquente d’autres enfants
Dans une école laïque où prédomine la joie.
Le père discret inculque des notions de foi
A son « trésor » car il faut poser des jalons
D’où une éducation solide et pleine d’attention.
Le pilier de cette famille est, sans doute, la mère
Qui se destine, avec un réel talent de romancière,
A produire des œuvres profondes. Le second rôle
Est tenu par le père cultivé et pieux qui est l’idole
D’un peuple… Ils vivent sagement entourés de livres
Dont « Montaigne » puis les autres qui survivent
A la mémoire des hommes. Leur voisinage est agité
Mais, eux, ils cultivent les muses aux seins dénudés.
Détachés des contingences terrestres, ils vouent
Leurs âmes à Dieu avec l’espoir d’un Eden doux
Et avec l’envie de se faire une réelle audience
Qui favoriserait, sans contredit, leur influence.

Fait à Paris le 18 Oct. 2000

Fabrice Duniach

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