L’an de grace 1963

O jour malencontreux, plutôt nuit ténébreuse,
Qui mets notre lumière en la tombe ombrageuse !
( Montchrestien – La reine d’Ecosse )


Piaf et Kennedy s’éteignirent cette année

Celle-ci fût terriblement funeste pour diverses

Raisons car il y eût l’envol soudain et prématuré

D’une petite âme au regard qui bouleverse.

 

Chaque matin, solitaire et fougueux, il courait

Pour aller rejoindre dans un gîte, sans doute,

Une précieuse dulcinée à poils. Dieu le sait !

Il s’apprêtait à élever ses chiots sous la voûte.

 

Mais le destin de certains êtres est parfois cruel,

Une médecine insouciante l’a frappé durement

En lui administrant à petites doses, un irrationnel

Traitement qui lui fût fatal à l’aube de ses sept ans.

 

Il nous quitta et ce fût des pleurs. Il était pourvu

D’humaines pupilles noires et, avec son air bougonnant ;

Sa robe avait deux tons et son pelage était dru ;

Son regard était fin, seigneurial et intelligent.

 

En dépit d’un monde hostile, il vécu épris de liberté.

Affectueux pour le monde enfantin et ses maîtres,

Il savourait les caresses sans cesse renouvelées

Avec une joie ineffable. Il est devenu inerte.

 

Ses tendres restes reposent dans un jardin étranger

Mais son âme s’est envolée vers le monde aérien

D’où la certitude qu’il nous insuffle l’immortalité

A nos âmes vivantes en vue du séjour élyséen.

Fait à Paris le 30 Oct. 2000

Fabrice Duniach

2 réflexions sur « L’an de grace 1963 »

  1. Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo ! Virginie Brossard LETUDIANT.FR

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